Mon beau-père Pierre Grenier de Monner anime depuis 25 ans un espace d’art contemporain en plein cœur du Haut-Brionnais, dans la campagne bourguignonne : L’archipel-sur-le-lac.
Au fil des ans, plus d’une centaine d’artistes français – peintres, sculpteurs, photographes, graveurs – ont ainsi été mis à l’honneur dans ce lieu. (pour lire un reportage, cliquez sur la photo ci-contre).
Parmi les exposants de cette année, j’ai été particulièrement frappé par les œuvres d’Anne Marie Pasdeloup, une artiste de la région, qui nous propose une série d’œuvres sur papier inspirées par l’accident de la centrale japonaise de Fukushima.
Deux styles différents s’y côtoient : d’une part, des compositions en noir et blanc dont le pointillisme géométrique laisse deviner un labyrinthe industriel déserté ; et d’autre part, des œuvres aux reflets de métal brûlé, dont les teintes cuivrées, sombres et recuites évoquent l’horreur d’un monde dévasté par un feu à la puissance infinie.
Pour réaliser ces œuvres à base d’encre sur papier, Anne-Marie a utilisée le savoir acquis dans le cadre de son ancien métier d’imprimeur. S’inspirant à différentes échelles – de la vue aérienne au gros plan sur un détail – de photos de la centrale dévastée, elle a d’abord réalisé des dessins, puis des compositions à l’encre en noir et blanc, enfin des œuvres en couleur nécessitant parfois l’application de 50 couches d’encre successives.
Le résultat, très stylisé, n’a pas pour but de donner une vision réaliste, photographique, de la catastrophe, mais de faire ressentir le climat d’oppression, de désolation et de vide qui s’en dégage.
J’ai également réalisé sur cette artiste un reportage vidéo que vous pouvez regarder en cliquant sur le lien suivant : PASDELOUP.